Le concept d’« Open Leadership » est basé sur la confiance mutuelle. Cela exige de la part du dirigeant un haut degré d’ouverture dans le dialogue et la gestion des relations. Les collaboratrices* peuvent – et doivent – assumer des tâches de contrôle, travailler et prendre des décisions de manière aussi autonome que possible. Le terme technique de ce concept de leadership, apparu en 2010, tient en quatre lettres : HERO est l’abréviation de « Highly Empowered and Resourceful Operatives ». Ce concept vise à confier de nouvelles tâches de contrôle et de coordination aux employés capables de travailler de manière autonome et possédant les compétences correspondantes.
En bref : jusqu’à présent, il s’agissait d’organiser consciemment accomplissement des tâches. Le Web 2.0, en revanche, permet un développement largement non planifié et autonome. La capacité d’autogestion des équipes est accrue.
Le leadership virtuel est donc étroitement lié au lâcher-prise. La confiance mutuelle est indispensable. Diriger avec attitude, et ce même à distance numérique, est ici la meilleure approche. Mais comment mettre en œuvre et soutenir cette approche dans un contexte virtuel ? La distance géographique et temporelle des actrices complique considérablement ce processus. Les mots-clés sont les suivants : une bonne communication, de l’empathie et de la compréhension. En pratique, une boîte à outils utile est à la disposition des personnes concernées pour renforcer ces trois facteurs.
Les réunions de lancement se tiendront également à distance. La définition commune des objectifs et des attentes renforce le développement de l’équipe. Par la suite, des réunions régulières (virtuelles) permettront d’impliquer l’équipe dans les progrès et les idées. Les « check-in » permettent de tenir tous les membres de l’équipe informés et d’attribuer efficacement les tâches et les responsabilités. Dans des périodes de crise comme celle-ci, où tous les collaborateurs travaillent à domicile, un « check-in » matinal avec tous les membres de l’équipe aide à bien commencer la journée. D’ailleurs, des liens ont été scientifiquement prouvés entre la fréquence des interactions et la performance des collaborateurs.
Il est clair que le leadership dans un contexte virtuel ne se limite pas à la répartition des tâches. Les compétences en communication, comme l’écoute, deviennent de plus en plus importantes pour sonder et comprendre les points de vue des membres de l’équipe. Contrôler à distance l’avancement des travaux est une prouesse qui requiert de l’habileté. Et laisser suffisamment de liberté à ses collaboratrices, surtout en matière d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, n’est pas chose facile. Avec l’entreprise 2.0, les dirigeants évoluent de plus en plus vers le rôle de mentor et de coach.
Bien sûr, rien ne vaut une conversation en face à face. Mais que faire alors si cela n’est pas possible en raison de la pandémie de Covid-19 ? Un appel téléphonique rapide ou un bref courriel peuvent suffire pour une simple concertation. Mais que faire lors d’un entretien délicat avec un collaborateur ou lors de la discussion d’une nouvelle tâche complexe ? Dans ce cas, la communication non verbale est un élément essentiel de l’entretien. Dans le contexte actuel, la visioconférence est donc effectivement toujours une solution adéquate.
Des conseils pratiques pour vous préparer, en tant que leader, aux défis du monde du travail virtuel seront donnés la semaine prochaine dans la troisième partie de ma série de blog «Leadership virtuel».
Lors de la préparation de mon premier cours en ligne sur le thème du « leadership virtuel » à la FOM Haute École d’Économie et de Gestion, qui a donné naissance à cette série de blogs, j’ai exploré des idées passionnantes des auteurs suivants:
Peter M. Wald, Lang, R., Rybnikova, I. (2014): Aktuelle Führungstheorien und -konzepte, Wiesbaden
Buhse, W. (2014). Management by Internet. Kulmbach: Plassen
* Chères lectrices, chers lecteurs! Dans les textes de mon blog, j’utilise alternativement la forme féminine et masculine. J’ai fait ce choix afin de ne pas perturber le flux de lecture par des *femmes ou des variations similaires du genre.